Vous êtes unique.

 

C'est un sujet que j'ai déjà abordé, probablement parce qu'il m'a longtemps, longtemps travaillée ; parce qu'il me travaille encore, quelques fois. Comme beaucoup, j'ai eu mal à trouver ma place dans ce monde. Du mal à m'aimer, à croire que j'avais quelque chose à accomplir sur cette terre. J'ai trop tendance à regarder à gauche, à droite, à regretter de n'être pas aussi bien que, de ne pas assez ressembler à... Au lieu de rendre grâce pour ma singularité, pour ce que Dieu a choisi, sculpté en moi, pour moi, sur-mesure, pour la manière dont il a habillé mon âme et mon regard et pour les grâces uniques dont Il a choisi de me combler. 

L'image des fleurs me parle tout particulièrement, parce qu'elles sont toutes belles à leur manière, toutes uniques, peu importe qu'elles soient aussi ravissantes que la rose ou simples comme un bouton d'or, que leur parfum soit imperceptible ou enivrant, elles sont belles, chacune à leur manière, et Dieu a pris du temps pour chacune d'elle, comme Il a pris du temps et mis de l'intention pour chacun d'entre nous. 

Vous êtes une création, une oeuvre d'art. Pensez un peu, la prochaine fois que vous vous trouverez devant un coucher de soleil, devant des paysages à couper le souffle, devant l'immensité d'un ciel noir constellé d'étoiles, pensez que l'Auteur de cette beauté vous a aussi créé, vous, et que votre existence lui est plus précieuse que la plus précieuse des fleurs. C'est une vérité que j'essaie non seulement de me rappeler souvent, mais que j'espère pouvoir transmettre à mes enfants pour qu'ils se rappellent combien ils sont précieux, combien Dieu les aime, et l'importance d'aller chercher en eux-mêmes toutes les petites graines plantées ça et là, tout ce qu'ils portent en germe, toute la beauté qu'ils ont à déployer et à offrir au monde, pour Sa plus grande gloire.


Vous êtes unique.

Il y a une richesse, une beauté infinie dans la grâce qui se déploie différemment en chacun. Comme dans le corps humain, où chaque membre, chaque organe, chaque cellule joue un rôle unique, essentiel, irremplaçable ; ainsi en est-il dans le Corps mystique du Christ.

On admire volontiers la main qui écrit, la voix qui chante, les yeux qui voient, mais que serait le corps sans le pied qui marche, sans le cœur qui bat, sans le petit orteil que l’on oublie souvent (sauf quand on le cogne sur le coin d'un meuble), mais qui participe pourtant à notre équilibre ? Ces parties invisibles, modestes, ces parties que l'on néglige parfois, sont tout aussi indispensables que celles que l’on remarque et qu'on loue plus volontiers. Aucune vocation n’est accessoire. Aucune grâce n’est à envier, car elles sont données à chacun selon la volonté souveraine et infiniment sage du Créateur. Le Corps du Christ ne fonctionne pas par compétition mais par communion, et la beauté de l’Église tient à l’harmonie de ses membres, chacun donnant ce qu’il a reçu, chacun s’offrant à Dieu dans sa condition propre, pour œuvrer à Sa gloire et tenter de rendre le monde un peu plus semblable à Son royaume.

Et cela, nos grâces, nos vocations, nous les portons déjà en nous, comme une fleur qui porte en germe ce qu'elle deviendra une fois éclose ; sa taille, la couleur de ses pétales, son parfum singulier. Notre âme aussi a un parfum unique. Mais la fleur, elle, se déploie spontanément, elle n'a à réfléchir à rien, elle ne se demande pas quelle couleur lui siérait le mieux, quelle forme donner à ses pétales, non, elle pousse et s'accomplit parfaitement, elle devient ce qu'elle avait depuis toujours été vouée à être ; c'est facile, quoique miraculeux. 

Nous, nous ne savons pas immédiatement ce que Dieu a déposé en nous. Et ce monde nous distrait tant, et on oublie, et on ne sait plus prendre le temps d'observer, d'écouter, de sentir de quelle manière nous devons nous déployer. Avec quelles couleurs ravirons-nous le monde ? Quel parfum aura notre âme ? Serons-nous d'une beauté éclatante, bien visible, ou humble et cachée (du moins, aux yeux des hommes) ? C'est à nous qu'il revient de le chercher, de discerner et, dans la prière, de demander à Dieu de nous révéler les secrets de notre création, tous les petits trésors qu'il a joliment, savamment disposés dans nos coeurs pour que nous les nourrissions, les arrosions, et qu'ils fleurissent un jour pour Lui rendre gloire ; nous deviendrons alors, comme la fleur, ce que nous étions voué à être de toute éternité.

Oui, Celui qui a créé l'immensité et toute la beauté du monde vous a créé, vous aussi, et vous estime bien plus que la plus belle de Ses créations,

Et n'en doutez jamais : où que Dieu vous ait planté, vous êtes unique, précieux, irremplaçable.




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