Venez, Divin Messie.
Quatrième et dernier dimanche de l'Avent. Bientôt, ce que le monde attend se manifestera à tous mais, pour l'instant, il nous faut encore attendre...
Venez, Divin Messie.
J'ai porté la vie trois fois, et chaque fin de grossesse m'a paru interminable. Bien sûr, il y avait de la fatigue, quelques inconforts physiques, mais il y avait surtout, ce désir brûlant, grandissant, ce désir impérieux de la rencontre avec mon enfant. Je l'avais attendu neuf mois, préparé ses affaires, et mon coeur, aussi, à l'accueillir. Je le sentais vivant, là, tout près, encore invisible pourtant. Et puis à ce stade, ce n'était plus le moment d'organiser, de prévoir, ce n'était plus le moment de se lancer dans de grands projets ; c'était seulement celui de l'attente pure, suspendue entre deux temps, entre la certitude qu'il viendrait au monde et l'inconnu du "quand", et il n'y avait plus que ça ; cette attente à habiter et à saisir.
Pour mon dernier, en particulier, la fin s'était étirée plus longuement encore, paralysant notre famille entière ; je me rappelle, deux jours avant sa naissance, m'être réveillée en larmes, désespérée de n'avoir pas encore accouché. Et je lui parlé, je lui ai promis que le monde serait beau et plein de couleurs, que je lui tiendrai chaud, que je le nourrirai, que tout était prêt, surtout moi ; mais j'avais besoin qu'il vienne, j'avais besoin de découvrir son visage, d'entendre sa voix. J'avais besoin qu'il soit là.
La fin de l'Avent me rappelle beaucoup cette periode. D'abord parce que, bien sûr, la fin de l'Avent signifie aussi la fin de la grossesse de la Sainte Vierge au sein de laquelle le Christ s'est formé, a mûri, lentement, lentement, sans bruit. Mais aussi parce qu'il y a, dans l'atmosphère, cette même impatience, figée dans l'air, comme une effervescence qui ne peut pas encore éclore dans la joie malgré la certitude qu'elle vient, qu'Il vient, Lui. Parce que Dieu aussi a choisi Son heure sans qu'il nous soit donné de la hâter.
C'est une chose merveilleuse que ce cycle qui se répète sans cesse, ce calendrier qui nous pousse chaque année à rencontrer le Christ à nouveau, à nous mettre à genoux devant la crèche pour rendre grâce et nous émerveiller de ce Mystère qui dépasse notre entendement et qui, avant cela, nous force à replonger dans l'attente et le silence, dans le vide et l'obscurité d'une nuit où la Lumière ne brille pas encore.
Et je Lui promets que mon âme sera belle, qu'Il y aura sa place, que je Le nourrirai de mon amour ; mais j'ai besoin de Le voir, d'entendre Sa voix, j'ai besoin qu'Il soit là, maintenant...
Venez, divin Messie. Venez, venez.



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