Je ne porte plus de pantalon depuis plus de 2 ans, et voici ce qu'il s'est passé...
J'ai découvert le blog de Femme à part à peu près en même temps que la Tradition, avec son sens du beau, du sacré, du symbole... Tout cela a, je dois le dire, résonné très fort en moi. Il a néanmoins fallu du temps pour que ça fasse réellement son chemin dans mon esprit mais, au bout de quelques mois, j'ai fini par me dire : “Et si j’essayais de ne plus porter de pantalons, juste pour voir ?”
Mon objectif n'était pas de devenir une meilleure chrétienne, encore moins de cocher une case, mais seulement d'essayer, comme un petit défi personnel qui me permettrait de renouer pleinement avec ma féminité. Je voulais voir combien de jours j’arriverais à tenir et, très vite, les jours sont devenus des semaines, puis des mois... Et voilà maintenant presque 2 ans et demi que je n’ai pas enfilé un pantalon.
Il me semble malgré tout qu'on a encore trop tendance à croire qu'il suffit de porter une robe pour être modeste ; or la modestie, la vraie, commence dans l’intention, dans les pensées, les gestes, le langage, l’attitude.
Que m’importerait de ne porter que des robes si je négligeais tout le reste ? Si mon cœur s’éloignait de Dieu ?
Il est également important de préciser que l’Église n’a jamais enseigné que la femme devait être cachée, dissimulée ou dans un rejet total des styles et de la mode, au contraire ; le beau et l'élégance ont toujours été encouragés. La dignité, la sobriété, la justesse, oui, mais sans qu'il soit question de honte, sans qu'il devienne nécessaire de porter des vêtements informes, et sans qu'il faille se négliger.
En revanche, il y a une forme de charité dans le vêtement ; envers soi-même, en honorant son corps sans le réduire à un objet, envers les autres, en ne les mettant pas inutilement en difficulté, envers la société, parce que le vêtement est un signe lisible qui dit quelque chose de qui nous sommes. Or, dans un environnement qui veut tout flouter, ce genre de signes a une importance non négligeable.
Mais ce n'est pas une performance, et ce ne doit pas l'être ; seulement une manière simple d’habiter sa féminité et d’être alignée sa vocation.
Je ne porte plus de pantalon depuis plus de 2 ans, et voici ce qu'il s'est passé...
Rien.
Ou plutôt, rien de spectaculaire.
J’ai arrêté de porter des pantalons, c’est tout.
Je ne suis pas devenue une sainte.
Ma relation à Dieu n'a pas changé.
Et mes combats intérieurs restent les mêmes.
Car contrairement à ce qu'on a tendance à penser, la modestie est d'abord une histoire de disposition intérieure, de coeur et d'esprit ; on peut porter une robe longue et cultiver la provocation, la vanité ou la recherche du regard d’autrui, tout comme on peut porter un pantalon et être profondément modeste et tournée vers Dieu (il ne s'agit pas de dire que tout est permis sous prétexte d'avoir le coeur à la bonne place ; il va sans dire que, pour un chrétien, la décence et la pudeur ne sont pas une option).
Alors pourquoi avoir fait ce choix ?
Parce qu’il a du sens.
Parce qu’il y a, dans la tenue féminine, une harmonie, une élégance, une douceur qui n'appartiennent qu'à elle.
Parce que je me sens plus à l'aise ainsi.
Parce que c’est une manière simple de rester en lien avec ma féminité et d'éprouver un sentiment d'alignement entre ce que je suis et la manière dont je me présente au monde, comme un vêtement qui dirait ma mission, ma fonction et mon rôle au sein de la société, au même titre qu'un uniforme, qu'une soutane, ou qu'une blouse de médecin.
Mais à eux seuls, mes vêtements ne disent rien, absolument rien de mon état intérieur.
Il y eut certes un temps où, pour une femme, porter un pantalon relevait d'un acte militant cherchant à asseoir l'idée qu'elle pouvait se tenir comme un homme, vivre comme un homme, occuper l’espace comme un homme ; or, pour la majorité des femmes de notre siècle, ce n'est plus le cas, mais bien davantage une question de norme, d'habitude ou de confort. Le pantalon est devenu un vêtement banal, souvent choisi sans intention particulière, et on n'attire pas plus l'attention lorsqu'on en porte un que lorsqu'on porte une robe (il est même possible que l'inverse soit devenu vrai). Cela ne change pas l’enseignement de l’Église au sujet de la décence (laquelle concerne aussi bien les hommes que les femmes), au quotidien comme à l'église ; il y a des vêtements féminins et d'autres masculins (lesquels varient selon les époques et les cultures -j'anticipe les objections à base de kilt et autres tuniques masculines-), mais en faisant preuve de discernement, on évite de tomber dans les jugements hâtifs et, disons-le, superficiels, qui réduiraient la morale chrétienne à la seule apparence.
Malgré tout, je crois profondément qu’il y a un véritable bien à revaloriser le port des robes et des jupes pour les femmes et je ne remercierai jamais assez @femmeapart de m'avoir permis de penser cette question et d'oser ce choix.
Car ces vêtements expriment quelque chose, ils portent une symbolique ancienne, anthropologique, qui traverse les cultures et les siècles ; ils disent immédiatement cette différence si belle et si précieuse entre les hommes et les femmes, différence que ce monde cherche désespérément à gommer.
Ils induisent, de manière assez instinctive, une façon différente de se tenir, d’habiter son corps, de se percevoir soi-même. Le dire et promouvoir n’implique pas de condamner ipso facto celles qui, au contraire, se sentent plus à l'aise dans d'autres vêtements au quotidien.
Quand on y réfléchit, en fin de compte, ce qui est un acte militant aujourd'hui, c'est bien davantage le fait de porter des robes en conscience et en y trouvant un sens qui aille au-delà des simples considérations esthétiques, comme une manière d'affirmer une féminité juste et équilibrée qui ne soit ni dans la neutralité et l'effacement voulus par les idéologies égalitaires, ni dans l'hypersexualisation consistant à s'offrir au regard de tous.
Mais, encore une fois, la modestie nait d'abord de la volonté d’orienter son existence vers Dieu. C'est une histoire d'intention et d'honnêteté intérieure ; et si le vêtement peut accompagner cette volonté, il ne pourra toutefois jamais la remplacer.



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