C'est l'histoire d'un chapelet en famille...

 


Chez nous, prier en famille avec un tout-petit, c’est aussi ça. Souvent, même.

Parfois on sort de la pièce pour ne pas perturber les autres, parfois on reste et on fait de notre mieux, au milieu du bruit, du mouvement, de la vie. Mais elles comptent aussi, ces prières, et Dieu les reçoit pleinement ; elles importent, car nos enfants nous voient composer avec la fatigue, l'impatience, persévérer, rester patients, pour accorder au Seigneur ce moment où nos coeurs, ensemble et dans un même élan, se tournent vers Lui.

Que Dieu bénisse nos foyers, nos enfants, nos maisons, et toutes ces prières merveilleusement imparfaites que l'on parvient, coûte que coûte, à faire monter jusqu'au Ciel. 

C'est l'histoire d'un chapelet en famille...

C'est l'histoire d'un chapelet en famille, ou, plutôt, l'histoire d'une dizaine que, dans un élan d'optimisme un peu naïf, on a décidé de réciter le soir, un peu tard, à l'heure où habituellement les enfants sont déjà sous la couette à glisser lentement jusqu'au sommeil. 

Une dizaine, ça devrait aller vite, non ? On se rassemble, on s'agenouille mais, pas de chance, ce soir, l'aîné réclame une bougie. C'est quand même plus joli, avec une bougie, oui mais voilà, des bougies, on n'en trouve pas. L'enfant râle et insiste et désigne mille endroits où, d'après lui, on en trouverait aisément deux ou trois si seulement on le voulait, et après deux minutes de vaines négociations pour tenter de le faire abdiquer et un énième "je te dis qu'il n'y en a pas !" il se trouve que, devinez quoi, l'enfant avait raison et qu'il se trouvait bien des bougies là où personne ne savait qu'il y en aurait ; sauf lui. Sauvés ! Vous croyez ? Raté. C'est maintenant le petit dernier qui s'exprime de cette voix déterminée qu'ont les moins de deux ans ; car, fasciné par la flamme dansante qui projette l'ombre du crucifix sur le mur, il veut s'approcher, toucher, attraper la bougie, alors on le retient, puis on l'approche mais pas assez, chacun y va de sa tentative d'apaisement, même sa grande soeur, elle-même pas si grande, pourtant, "tu risques de te brûler, il faut regarder", mais il se tend et geint et râle tandis qu'autour, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, chacun s'agenouille à nouveau, joint les mains, et se munit de son chapelet. Ça commence, on n'entend rien, Papa répète l'intention de prière et tente d'imposer sa voix par-dessus celle de son garçon ; en vain. Le petit se calme enfin et ne s'intéresse plus à la bougie mais au chapelet maternel qu'il examine, secoue, puis jette à terre ; il veut maintenant qu'on le porte, non, qu'on le pose, non, qu'on le pousse, dans son tricycle, là, faire des tours dans la cuisine pendant les Ave Maria, et lorsqu'il en a marre il faut danser, marcher en rythme, chanter d'un air joyeux. Les grands se font des bisous, c'est adorable, ça console un peu, puis la dizaine s'achève (enfin ! Déjà ?). Il faudra bien entendu rallumer la bougie six fois pour que chacun puisse la souffler deux fois, mais on y est arrivés ; dans le bruit et le chaos, c'est vrai, mais le coeur y était. 

C'est l'histoire d'un chapelet en famille, mais aussi celle de toutes ces prières écourtées, interrompues, prononcées au milieu des sollicitations et de cette vie si intense qui anime nos foyers, l'histoire de milliers de prières qui se disent dans les familles où les enfants vivent et grandissent et apprennent, comme ils peuvent et de tout leur cœur, à prier le Bon Dieu.

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