Car Dieu vient.

 

"Dieu, en faisant attendre, étend le désir ; en faisant désirer, Il étend l'âme ; en étendant l'âme, Il la rend capable de recevoir." - Saint Augustin 

Il y a quelque chose de profondément beau et juste dans le fait que l’année liturgique commence par l’Avent. Car toute rencontre avec Dieu débute par le manque, par l’attente, par ce désir presque douloureux de quelque chose qui nous dépasse infiniment. Je crois que la foi commence par là, par notre capacité à reconnaître, humblement, que nous avons besoin de Dieu, que notre âme n’est pas pleine, pas achevée, qu’elle attend plus grand qu’elle. Alors il nous faut consentir à cette béance qui habite nos cœurs et qui n’est rien d'autre que la preuve que nous sommes faits pour l’Infini, cet Infini qui est venu jusqu'à nous.

C'est ça, l'Avent.

Apprendre à désirer Dieu.

Attendre Dieu.

Le vrai, l'ultime commencement. 

À tous, je vous souhaite que cet Avent vous permette de ressentir, plus que jamais, cette soif, ce désir immenses du Seigneur ; et avec eux la joie, l'espérance contenues dans cette certitude : Dieu vient. ✨🤍

Car Dieu vient.

Et entrer, humblement, dans ce temps de veille, comme dans une nuit au cœur de laquelle doit se déployer la lumière ; 

Car Dieu vient.

Bientôt, Sa majesté se laissera envelopper par la faiblesse, Son éternité s'inscrira dans le temps et Sa perfection prendra chair ; pour nous, par amour. 

Peut-on mesurer l'ampleur de ce mystère ? Parce qu'Il nous aime, Dieu a choisi de franchir la distance infinie qui nous séparait de Lui, et parce qu'Il voulait que chacun puisse L'approcher, Il s'est donné l'apparence la plus vulnérable. Mais avant de Le contempler, avant d'approcher de la crèche, il est d'abord temps d'attendre. Attendre, dans nos vies plus que jamais habituées à l'instantané, faire silence au milieu du bruit et pénitence alors que tout nous incite au plaisir. Rester fixés sur l'essentiel, résister à la tentation de se disperser et d'entrer dans la course folle du consumérisme ambiant si contraire à l'esprit qui doit nous habiter à partir d'aujourd'hui.

Car nous devons nous préparer, et ça ne passera pas par des emplois du temps plus chargés, ni par des listes interminables de recettes ou de cadeaux, ça ne se fera pas non plus sur nos écrans ou au milieu des jolies décorations qui viennent égayer nos rues et nos foyers ; mais en nous, dans notre intériorité, dans notre pauvreté si singulière, celle que nous sommes les seuls à connaître, avec Dieu. C'est en laissant s’ouvrir en nous un espace que rien d’autre ne pourra combler qu'on se prépare à Le recevoir ; sans rien ajouter mais, au contraire, en enlevant, en dépoussiérant, comme on fait du tri, comme on épure une pièce trop encombrée pour se rendre plus disponibles à Sa venue qu’aux sollicitations du monde.

À chacun, donc, de sonder son âme, de scruter son cœur et de chasser les ombres. De quoi ai-je besoin ? Qu'est-ce qui me tient encore loin de Dieu ? Et puis, chaque jour, avancer, en portant avec soi plus de paix, d'écoute, de silence, de prière, de renoncement, selon ce dont notre âme a réellement besoin. Et puis, n'est-ce pas une belle manière de se faire apôtre que de témoigner de l'Evangile par l'exemple, par le contraste que nos choix et notre attitude viendront apporter à côté de ce monde si pressé, si bruyant, préoccupé par mille autres choses, déjà en fête lorsque notre joie est encore en attente ?

Ceux qui ne reconnaissent pas leur sauveur ne savent pas ce qu'ils attendent ; mais nous savons ce que nous attendons. 

Car nous n’avons pas tout, nous ne sommes pas tout, et cette attente, cette merveilleuse attente nous rend capables d’accueillir ce que, par nous-mêmes, nous n'aurions jamais pu obtenir ; le Salut, et l'Amour incarné.




Commentaires

Articles les plus consultés