"Pourquoi m'as-tu abandonné ?"
Faire taire le vacarme,
Intérieur,
Extérieur.
Écouter Dieu,
Nourrir son corps,
Son âme,
Ralentir,
Et ne jamais désespérer.
"Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug,e t recevez mes leçons, car je suis doux et humble de cœur;e t vous trouverez le repos de vos âmes.C ar mon joug est doux et mon fardeau léger." - Matthieu 11:28-30
"Pourquoi m'as-tu abandonné ?"
Je vais être honnête, ces derniers semaines ont, pour différentes raisons, été extrêmement éprouvantes pour moi, mentalement.
Je me suis perdue dans le bruit,
Le mien d'abord, et puis celui du monde,
Dans ce que l'humanité possède à la fois de plus beau,
Et de plus ignoble.
J'ai laissé mes démons se nourrir de ma noirceur, de ma douleur, et la rendre plus épaisse encore,
J'ai vu, entendu et ressenti mille choses,
Et parmi elles, de la colère,
De l'incompréhension,
Et la tentation de demander à Dieu de me rendre des comptes.
Je l'ai déjà écrit il y a quelques mois, et je le dis à nouveau : avoir la foi ne nous exonère ni de la douleur, ni de la souffrance, ni des doutes, même, parfois.
Il faut reconnaître et laisser de la place à ce qui nous bouscule, il faut résister à l'envie de tout balayer immédiatement sous le masque de la foi et l'illusion d'un positivisme qui devient nocif quand il étouffe ce qui doit légitimement s'exprimer.
On peut aimer Dieu,
On peut croire de toute notre âme,
Et aller mal, malgré ça, quelques fois.
L'erreur consiste à se complaire dans cette douleur, à la nourrir, à se vautrer dans nos idées noires, ou à refuser l'aide dont on peut avoir besoin par ailleurs.
Mais s'il y a bien une chose dont j'ai conscience, c'est que ma colere, mon incompréhension, mes doutes, ne sont pas le signe que Dieu n'est pas assez,
Qu'il est absent, ou insuffisant,
Mais que c'est moi qui manque de quelque chose,
C'est moi qui ai désespérément besoin de Dieu, ce sont mon coeur et mon intelligence qui sont obscurcies,
Ma volonté qui manque d'ardeur,
Mes forces qui se dérobent,
Mon coeur qui s'assèche.
Ce qui m'habite, c'est la preuve de ma pauvreté.
Alors, pour traverser la nuit, il faut d'abord faire silence,
Le faire taire, ce bruit,
Et se recentrer sur la Source et la Parole de Celui où je dois tout puiser,
Tout chercher,
La seule voix qu'il me faille écouter, avant n'importe quelle autre,
Pour retrouver la lumière,
La force,
La volonté,
L'envie de combattre et de servir,
La confiance, surtout.
Car la foi n'est ni un analgésique, ni un totem d'immunité,
Et elle s'éprouve parfois dans le silence,
Dans le noir,
Quand on a le sentiment de ne plus voir ni entendre Dieu,
Et d'être suspendu à la croix avec Celui qui a crié vers le Ciel "Père, pourquoi m'as-tu abandonné ?"



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