Cherche le bonheur là où il se trouve.
Tout le monde désire être heureux ; c'est une évidence qui n'est pas à prouver. C'est inscrit dans nos coeurs, infusé dans nos âmes, comme une loi intérieure à laquelle se soumettent nos choix et toutes nos actions. Encore faut-il savoir ce qu'est le bonheur, autrement on ne sait pas où le trouver.
En la matière, une fois n'est pas coutume, le monde multiplie des promesses qu'il n'est pas en mesure de tenir. Il présente le bonheur comme une espèce de sensation agréable et d'équilibre intérieur provisoire, souvent conditionné à des critères de réussite observables.
Mais nous avons été crées pour Dieu, et nos âmes ont soif ; d'infini, de paix, d'amour, de justice, de beauté, de joie, une soif qui porte l'empreinte de notre origine et l'intuition de notre fin, et ce monde, fini, limité, ne peut que frustrer cet impérieux désir d'immensité.
Il ne proposera jamais que des reflets, des ébauches ; jamais la plénitude.
Dieu seul peut étancher cette soif. Tout ce que nous cherchons ailleurs demeure vain si nous n'avons pas conscience de cette réalité. Et si le monde échoue à rendre les âmes heureuse, c'est parce que ses valeurs sont contraires à notre vocation surnaturelle.
Il exalte la liberté qu'il ne comprend plus comme la capacité d’adhérer volontairement au bien mais comme le pouvoir de s’autodéterminer sans entrave et sans vérité préalable ; un absolu vide, où chacun fait de sa propre volonté le critère du bien.
Il exalte l’amour mais en le réduisant à une émotion proche de la passion, réciproque, temporaire, et à des appétits soumis au seul principe de plaisir. Il rejette tout ce que le véritable amour suppose de fidélité, d’exigence, de renoncement, de croix et de communion ; ce n’est plus un don mais un contrat implicite entre deux égoïsmes qui ne tendent qu'à leur propre intérêt.
Il prône la tolérance dégénérée en relativisme ; ce qui devait être une vertu sociale de patience envers les personnes est devenu un principe idéologique de neutralité envers les idées qui nous force à renoncer à dire qu’il y a des vérités non négociables.
Toute affirmation née d'une conviction devient mépris et offense, tout attachement au vrai se mue en espèce de violence ; sous prétexte de paix, donc, le monde prêche l’indifférence morale, détruisant toute possibilité de dialogue puisqu'il n’y a plus de fondement commun sur lequel s'accorder de manière objective.
Il voudrait nous faire croire qu'être authentique consiste à s’affirmer tel qu’on se ressent, à devenir sa propre référence morale, sa propre source, son propre but. Le critère de vérité n’est plus l’ordre objectif des choses mais la sincérité subjective.
En prétendant “être soi-même” même dans ce qu'on a de moins aimable, on se dérobe à toute conversion réelle, à tout dépassement de soi et à toute sanctification ; l’âme reste alors prisonnière d’elle-même et avance sur un plan horizontal au lieu de s'élever.
Il nous exhorte à savourer la vie comme si elle était la fin ultime alors qu’elle n’est qu’un passage, mais la jouissance qu’il promeut, centrée sur l’instant, nous détourne du salut. À force de vouloir tout goûter ici-bas, on oublie que cette vie est d'abord le lieu qui nous sert à préparer notre éternité. Savourer la vie selon le monde revient souvent la perdre, puisqu’on a cessé de vivre pour Dieu.
Nous ne sommes pas des machines biologiques à satisfaire ni des consciences flottantes à libérer de leurs déterminismes ; nous sommes des créatures faites pour le Ciel et l’éternité.
Ce qui fait notre bonheur ne peut donc pas se trouver dans la satisfaction de nos pulsions, ni dans la construction narcissique de notre image, mais dans l’union de notre volonté à celle de notre Créateur.
Le monde nous enseigne que l'on doit se chercher, se trouver et s’aimer avant toute chose ; l’Évangile, au contraire, nous apprend à chercher Dieu et à mourir à nous-mêmes.
Ces deux voies sont antagonistes. Il n’existe pas de compromis durable entre l’esprit du monde et celui de l’Évangile ; toute tentative de réconciliation conduit inévitablement à une foi tiède et intérieurement incohérente, car à vouloir concilier nos désirs et la Croix, on finit par se mentir à soi-même et négocier avec la vérité pour la rendre plus confortable.
Ce qui sous-tend les valeurs modernes n'est rien d'autre que le mensonge originel qui pousse l’homme à faire de lui-même sa propre mesure et son propre Dieu ; l’origine de sa loi, le fondement de sa dignité, le maître de sa destinée, l’autonomie élevée au rang de bien suprême.
Le Chrétien sait qu’il ne s’appartient pas et que son bonheur et sa dignité viennent de ce qu’il a reçu de Dieu ; sa vie, son âme, le salut. Il ne se perçoit pas comme une source de lumière mais comme un miroir et un réceptacle de la grâce. Il ne devient lui-même qu’en s’abandonnant et en laissant Dieu s'exprimer en Lui, pas en cherchant à s'affirmer.
Le monde n’est pas neutre, il n’est pas seulement imparfait; il s'élève en opposition au Christ.
Si tant de personnes adhérent à ses mensonges, y compris parmi celles qui se revendiquent Chrétiennes, c'est tout simplement parce qu'il flatte ce qu’il y a de déchu en nous : la volonté d’indépendance, le refus du sacrifice, la peur du rejet. Il nous fait miroiter l'illusion d'une vie facile, sans lutte, sans abnégation, sans renoncements ; mais aussi et surtout sans grâce et sans Dieu.
La joie et le bonheur chrétiens ne ressemblent à aucun autre.
Ils ne dépendent ni de l’état du monde, ni de la reconnaissance sociale, ni de l’estime de soi ; ils jaillissent du fond de l’âme unie à Dieu, d'une paix qui peut coexister avec la souffrance, les combats, les pertes, les épreuves, le fruit d’une âme réconciliée avec sa fin céleste.
C'est une chose que le monde et ceux qui lui appartiennent ne peuvent ni comprendre, ni offrir.
Si certains se satisfont de ce que le monde offre, c'est parce que beaucoup vivent à la surface d’eux-mêmes. Leur vie intérieure est engourdie, comme endormie ou atrophiée. Ils ne perçoivent plus la soif de Dieu, pas parce qu’elle a disparu mais parce qu’elle est ensevelie sous une tonne de distractions et d’activités incessantes. Ils ne souffrent pas de leur vide parce qu’ils ne le regardent jamais.
Vous voulez être heureux ? Alors il faut oser descendre en vous-même, là où Dieu vous attend. Dans le silence, il vous faut écouter la soif qui vous habite et oser regarder ce vide comme l’empreinte de Dieu dans votre âme, l'endroit qu'Il désire habiter en vous.
Car ce vide ne peut être comblé que par l’amour infini du Christ.
Ne cherchez donc pas un bonheur sans Dieu ; il n’existe pas.
Cherchez Dieu,
Et plus que des choses à aimer,
Vous trouverez l'Amour ;
Plus que ce qui vous apaise,
Vous trouverez la Paix ;
Plus que ce qui vous rend heureux,
Vous trouverez la Joie
et le Bonheur que le monde
ne pourra jamais vous donner,
Et jamais vous dérober.



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